La finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 n’a pas fini de produire ses effets. Au cœur d’une avalanche de critiques liées à l’arbitrage et aux sanctions disciplinaires, la Confédération africaine de football s’apprêterait à opérer un sérieux ménage en interne.
Jamais dans l’histoire récente de la CAN, l’arbitrage n’avait suscité autant de débats. Entre les controverses sur la désignation des officiels avant les matches décisifs, les décisions litigieuses durant la compétition et les révélations autour de la gestion de la finale Sénégal–Maroc, la crédibilité de certaines instances a été fortement ébranlée.
Safari Kabeni sur le départ
Selon plusieurs sources concordantes, Olivier Safari Kabeni, président de la commission des arbitres, serait sur le point d’être démis de ses fonctions. Le dirigeant congolais, nommé après l’Ivoirien Doué Noumandiez, n’aura finalement passé que quelques mois à ce poste si son éviction se confirme.
Lors de la dernière réunion du comité exécutif de la CAF, il aurait reconnu avoir demandé la non-sanction des joueurs sénégalais après leur retrait temporaire lors de la finale face au Maroc. Une décision qui aurait empêché l’arrêt définitif du match, alors que le Sénégal risquait de se retrouver à huit contre onze et donc sous la menace d’une défaite sur tapis vert.
Ces révélations ont renforcé le malaise autour de la gestion de cette finale explosive, déjà marquée par des incidents sur le terrain et dans les tribunes.
L’organe judiciaire également touché
La vague ne s’arrêterait pas là. D’après des informations relayées par la presse marocaine, Yacine Othman Robleh, président de l’organe judiciaire de la CAF depuis six ans, aurait également été relevé de ses fonctions par le secrétaire général Véron Mosengo-Omba.
Son départ serait directement lié aux remous provoqués par les sanctions disciplinaires infligées après la finale du 18 janvier à Rabat. Des sanctions jugées trop clémentes par une partie de l’opinion publique et de plusieurs observateurs du football africain.
Des sanctions au cœur de la controverse
Les critiques ont notamment visé les mesures prises contre le Sénégal, accusé d’avoir provoqué l’interruption temporaire du match après le retrait de ses joueurs, ainsi que les débordements constatés en tribunes. Certains scénarios évoqués à chaud parlaient même d’un retrait du titre continental ou d’une disqualification de la Coupe du monde 2026, hypothèses finalement écartées.
Dans l’attente de décisions officielles, la CAF semble vouloir restaurer son autorité et sa crédibilité en procédant à des ajustements au sommet. En attendant la nomination de nouveaux responsables, le Togolais Cédric Igai, jusqu’ici directeur des affaires juridiques, devrait assurer la gestion des dossiers en cours, notamment ceux liés aux incidents en compétitions interclubs.
La CAN 2025, déjà marquée par une finale sous haute tension, continue ainsi de produire ses répliques institutionnelles. Une crise qui pourrait durablement redéfinir la gouvernance arbitrale et disciplinaire du football africain.