Dix ans jour pour jour après le rachat de l’Olympique de Marseille à Margarita Louis-Dreyfus le 17 octobre 2016, l’heure est au bilan pour l’actionnaire américain Frank McCourt. Un anniversaire célébré dans un climat de vive tension sportive et financière, marqué par l’absence du moindre trophée au palmarès, des supporters en colère et une austérité budgétaire désormais décrétée après l’injection globale de 800 millions de dollars par le propriétaire bostonien.
Malgré un parcours sportif jugé insuffisant au regard des investissements consentis, la décennie McCourt laisse un héritage structurel indéniable au sein du club olympien. Les recettes commerciales et de billetterie ont bondi, la section féminine s’est stabilisée au plus haut niveau et la valeur globale de la marque marseillaise s’est fortement développée sur la scène internationale, posant la question de l’avenir de l’homme d’affaires à la tête du club.
Un projet sportif poussif et un frein sur les investissements
Sur le terrain, les promesses initiales du « Champions Project » ont rapidement laissé place à une instabilité chronique. En dix saisons sous le règne de Frank McCourt, Marseille ne s’est qualifié qu’à trois reprises pour la prestigieuse Ligue des champions, devant se contenter de quelques parcours marquants en Ligue Europa comme la finale disputée en 2018. Exaspéré par les déficits récurrents et la gestion récente, l’actionnaire américain a drastiquement réduit la voilure cet été, plongeant l’équipe fanion dans une période de disette au mercato et sous la menace des gendarmeries financières.
Une croissance commerciale nette
Le bilan financier présente toutefois des motifs de satisfaction structurels pour la direction marseillaise. En une décennie, les revenus globaux du club ont progressé de 70 %, soutenus par un doublement des recettes de billetterie et une hausse de 250 % des revenus liés au sponsoring, illustrée par la perspective du retour prochain d’Adidas comme équipementier. Alors que la marque OM figure désormais au 26e rang mondial des clubs les plus valorisés, les interrogations persistent quant à la volonté de Frank McCourt de conserver le club ou d’ouvrir le capital à de nouveaux partenaires financiers.