Coupe du monde

Mondial 2026 : Le Paraguay et la résurrection de la « Garra Guarani »

Après 16 ans d’absence sur la scène internationale, le Paraguay signe son grand retour en Coupe du monde. Absente des débats depuis son épopée héroïque de 2010 en Afrique du Sud, conclue par une élimination cruelle en quarts de finale face à l’Espagne, la sélection sud-américaine débarque en Amérique du Nord avec des ambitions débordantes. Portée par un nouveau sélectionneur et une identité de jeu retrouvée, l’écurie que l’on surnomme l’Albirroja rêve ouvertement de réitérer l’exploit de s’inviter parmi les huit meilleures nations de la planète.

Le miracle Gustavo Alfaro après le fiasco

La trajectoire du Paraguay durant les éliminatoires s’apparente à une véritable résurrection. À l’été 2024, la sélection vit un terrible traumatisme national en subissant trois défaites consécutives dès la phase de poules de la Copa América. C’est le moment choisi par la fédération pour nommer l’expérimenté Gustavo Alfaro à la tête de l’équipe.

Le déclic est immédiat : après un début de campagne chaotique, la sélection change radicalement de visage et n’enregistre qu’une seule défaite lors de ses 12 rencontres suivantes. Bien qu’accrochant in extremis le dernier billet qualificatif direct de la zone CONMEBOL avec une 6e place, le Paraguay boucle son parcours à égalité de points avec des géants comme le Brésil, l’Uruguay et la Colombie (7 victoires, 7 nuls, 4 défaites).

Une muraille défensive face aux doutes offensifs

  • L’ADN retrouvé de la solidité : La grande force de ce Paraguay version Alfaro réside dans son arrière-garde imperméable, qui n’a concédé que 10 petits buts en 18 matchs de qualification. Ce bloc s’appuie sur une charnière centrale de fer composée du capitaine Gustavo Gomez (Palmeiras) et d’Omar Alderete (Sunderland), ainsi que sur le travail de l’infatigable sentinelle Andrés Cubas au milieu de terrain. Ils insufflent à l’équipe la fameuse « Garra Guarani », cet esprit de solidarité et de ténacité extrême.

  • Le chantier des gardiens : paradoxalement pour la patrie de l’illustre José Luis Chilavert, le poste de dernier rempart reste une grande inconnue. Un duel à trois est engagé entre le vétéran Roberto Fernandez (38 ans), Orlando Gil et le récent naturalisé Gaston Olveira pour savoir qui gardera la cage durant le tournoi.

  • Une attaque timorée : Si la défense brille, l’animation offensive balbutie son football avec seulement 14 buts inscrits en 18 rencontres. Très pragmatique, l’équipe se focalise sur sa rigueur défensive et maximise au plus haut point les coups de pied arrêtés ainsi que les rares opportunités de contre-attaque.

Julio Enciso, l’étincelle créative

Pour dynamiter ce système très rigide, tous les espoirs paraguayens reposent sur les épaules du jeune Julio Enciso. Transféré à Strasbourg l’été dernier, le milieu offensif de 22 ans sort d’une saison pleine en Ligue 1 avec 10 buts et 3 passes décisives au compteur. Joueur imprévisible, capable de déstabiliser n’importe quel bloc par ses dribbles déroutants et ses frappes lointaines, il a appris à ajouter le volume défensif exigé par son sélectionneur à sa panoplie de dynamiteur. De sa capacité à briller dépendra en grande partie le parcours des Guarani.

Le programme du Paraguay dans le Groupe D

Placé dans une poule homogène et très compétitive, le Paraguay devra batailler ferme pour s’extirper du premier tour face au pays hôte, à l’Asie et à l’Europe :

  • États-Unis

  • Australie

  • Turquie