En l’espace d’une semaine, l’empire politique bâti par Gianni Infantino à la tête de la FIFA s’est fissuré. Porté par le succès financier du Mondial 2026, le président de l’instance pensait pouvoir imposer l’ouverture du capital commercial via FIFA Forward Enterprise. Mais l’initiative a viré au fiasco, unissant contre lui des confédérations historiquement opposées et provoquant une rébellion interne. Retour sur la trajectoire d’un ancien juriste technocrate devenu un chef d’État du football mondial aujourd’hui isolé.
De l’ombre de l’UEFA aux ors de la diplomatie mondiale
Propulsé à la présidence en 2016 à la suite de la chute de Sepp Blatter et Michel Platini, Gianni Infantino a progressivement délaissé la simple gestion sportive pour adopter une posture quasi-diplomatique. De ses interventions sur la paix aux rapprochements étroits avec le clan de Donald Trump, le dirigeant suisse a personnifié l’instance jusqu’à l’excès. C’est cette proximité avec des réseaux d’affaires américains symbolisée par la présence de Joshua Kushner dans le projet commercial qui a fait exploser les soupçons de copinage et brisé la confiance des fédérations.
Le clientélisme électoral face à ses limites
Pour maintenir son hégémonie, Infantino s’était appuyé sur l’augmentation des subventions et l’élargissement des compétitions (Mondial à 48) pour séduire les petites et moyennes fédérations du Sud. Mais en confondant dépendance financière et loyauté absolue avec FIFA Forward Enterprise, il a franchi une ligne rouge. La rupture ne se limite plus à l’UEFA : avec l’alignement de la CONCACAF, la colère de l’AFC, les démissions en interne (Carlos Cordeiro) et l’émergence d’une candidature de rassemblement portée par Victor Montagliani, la réélection promise pour mars 2027 à Rabat n’a plus rien d’une formalité.