Dans la nuit de ce Mercredi 07 octobre 2026, les Guépards du Bénin foulent la pelouse du stade Monumental de Buenos Aires pour un rendez-vous pas comme les autres. Face à eux, l’Argentine et Lionel Messi, qui dispute son tout dernier match international. Pour le football béninois, c’est une page d’histoire. Pour le monde du football, la fin d’une époque.
Un rendez-vous historique pour le football béninois
Classé au 93e rang mondial, le Bénin n’avait sans doute jamais imaginé jouer un tel rôle. C’est pourtant bien lui que la fédération argentine a choisi comme adversaire pour le match d’adieu de son capitaine. Devant 85 000 spectateurs, avec des millions de téléspectateurs à travers le monde, les Guépards bénéficient d’une exposition inédite. Les billets se sont d’ailleurs arrachés en deux heures à peine.
Pour les joueurs béninois, l’enjeu dépasse le résultat. Il s’agit de montrer leur sérieux et leur qualité dans l’un des stades les plus mythiques d’Amérique du Sud, et de dire, plus tard, qu’ils étaient sur le terrain le soir où Lionel Messi a fait ses adieux à l’Albiceleste.
Une fête plus qu’un match
Côté argentin, la soirée est pensée comme une célébration. La quasi-totalité des champions du monde 2022 a été invitée, avec leurs familles. Seuls quelques absents sont à signaler, dont Paulo Dybala. Lionel Scaloni a prévenu que le numéro 10 ne serait attribué à personne avant cette soirée. Messi, lui, ne joue que ce match pendant la fenêtre internationale ; l’Argentine a déjà entamé l’après-Messi en battant la Bolivie 4-0 à Córdoba.
Pourquoi Messi s’en va
Le capitaine a annoncé sa retraite internationale le 31 août dernier, six semaines après la finale de la Coupe du monde perdue contre l’Espagne (1-0 après prolongation). Dans son message, il expliquait avoir pris sa décision dès le 21 juillet, mais avoir attendu en raison de la maladie de son père, Jorge, décédé le 8 août. Il évoquait une sélection en transition et une nouvelle génération qui mérite sa place. À 39 ans, il poursuivra sa carrière en club avec l’Inter Miami, où il est sous contrat jusqu’à la fin de la saison 2028.
Ce que Messi laisse à l’Argentine
L’héritage est d’abord statistique : 125 buts, 207 sélections et 68 passes décisives, trois records nationaux. Il est aussi sportif : une Coupe du monde, deux Copa América, une Finalissima, une médaille d’or olympique. Mais l’essentiel est peut-être ailleurs. Messi laisse une équipe qui a appris à gagner. Cristian Romero, Alexis Mac Allister, Enzo Fernández, Julián Álvarez ou Lautaro Martínez ont grandi à ses côtés et forment désormais l’ossature de la sélection.
La grande question, en Argentine, est de savoir si le pays saura éviter une longue traversée du désert, comme celle qui avait suivi l’ère Maradona : 35 ans s’étaient écoulés entre le titre mondial de 1986 et la Copa América 2021. Le premier test majeur sans Messi viendra lors de la Copa América 2028.
Messi et l’Afrique : une admiration partagée
Au Bénin comme ailleurs sur le continent, Messi est une figure familière. Ses matchs ont été suivis dans les buvettes, les maquis et les salons, et le numéro 10 argentin se porte dans les cours d’école de Cotonou comme dans celles de Dakar ou d’Abidjan. Que le dernier adversaire de sa carrière internationale soit une sélection africaine a donc quelque chose de symbolique : c’est aussi un hommage du football mondial à un joueur qui appartient à tous.
Et après le coup de sifflet final ?
Quand l’arbitre mettra fin à la rencontre, l’Argentine entrera dans une nouvelle ère, et le Bénin rentrera avec un souvenir unique. Quel que soit le score, les Guépards auront eu le privilège rare d’assister de près à la dernière page d’une histoire commencée il y a vingt et un ans à Budapest. Une histoire qui, désormais, appartient aux livres.