À quelques jours du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026 (11 juin – 19 juillet), l’ambiance n’est pas à la fête pour tout le monde au Canada. Co-organisateur de l’événement aux côtés des États-Unis et du Mexique, le pays s’apprête à régler une facture astronomique. Dans une enquête menée pour Radio-Canada, le journaliste Romain Schué jette un pavé dans la mare en affirmant haut et fort que le Canada « s’est fait avoir » par la FIFA et que les dés étaient pipés d’avance au détriment des contribuables.
Une facture d’un milliard pour des miettes
La colère du journaliste repose sur le déséquilibre flagrant entre l’investissement consenti et l’affiche sportive finale. Les villes de Toronto et Vancouver vont dépenser plus d’un milliard de dollars pour n’accueillir que 13 petits matchs sur les 104 que compte la compétition. Pire encore, le Canada a été privé des rencontres les plus prestigieuses : aucun quart de finale, aucune demi-finale, et des géants du football comme l’équipe de France envoyés dans les stades XXL des États-Unis. Les supporters canadiens devront se contenter d’affiches plus modestes, à l’image de Sénégal-Irak ou Ghana-Panama.
Le conflit d’intérêts des chiffres de la FIFA
L’enquête s’attaque également au discours officiel des autorités canadiennes, qui promettaient 3,8 milliards de dollars de retombées économiques sur la base d’un rapport de la FIFA datant de 2024. Des prévisions qualifiées de « loufoques » et d’extrêmement optimistes par les experts. L’économiste québécois Daniel Denis pointe d’ailleurs un conflit d’intérêts évident : l’organisateur n’a aucun intérêt à publier des estimations basses. Entre les rénovations de stades imposées à prix d’or et les coûts connexes, la Coupe du monde s’annonce comme un gouffre financier que les citoyens canadiens mettront de longues années à éponger.